Moment suspendu face à une femme chaleureuse et passionnée. Dans un décor infini, nos cœurs s’envolent…

Et, en tour de force, cette même femme,  auteure-compositrice-interprète, sur la corde raide, parvenue au-delà de la témérité, les yeux grands ouverts, joue sans filet avec sa voix,  jusqu’à ce que le beau chant véritable rencontre l’émotion la plus bouleversante.

Mais d’où vient-elle cette enchanteresse qui réussit en quelques notes à ouvrir nos portes, briser nos murs ? Il est de ces artistes hors-norme qui nous viennent du grand nord de l’Europe, comme Björk, Sigur Rós… Il faudra désormais compter sur une nouvelle venue avec la couleur blanche, autrement dit Valkø, en finnois.

Valkø est belge, mais ses origines de coeur, nous confie-t-elle, sont au nord, en ces contrées sauvages regorgeant de sommets montagneux et d’immenses forêts verdoyantes, où tout s’émeut alentour…

La lumière blanche inonde la scène, enveloppe les spectateurs. Cette jeune artiste aime avant tout jouer, partager sur scène son adrénaline, donner du sens, du style à ce qu’elle crée ; ça se sent sur chaque morceau. Elle communique une sensibilité, jusqu’à l’écorcher de sa voix vibrante et habitée, d’une articulation virevoltante émise par une funambule de la vocalise, et des textes aussi profonds qu’introspectifs…

A l’image de son piano, elle est ouverte au vent, à l’imprévu. Le vent qui caresse nos joues et emporte les notes. C’est plus que de la musique. Le piano est à nu : on voit les cordes et les petites touches qui dansent comme un ballet et nous racontent des fragments d’existences, et le récit rétrospectif en prose anglo-saxonne qu’elle fait de sa propre vie, de son parcours personnel, comme celui de ses proches.

Le monde de vibrations dans lequel nous emporte l’artiste n’a pas été construit comme ça, du jour au lendemain, au fur et à mesure. Non ! Tout est travaillé et imaginé avec brio !

Elle a sorti un premier album remarqué en 2010 sous le nom d’Auryn, et n’a jamais baissé les bras. Elle a su se frayer imperturbablement sa voie, malgré, quoique et parce que ! Jusqu’à sortir son prochain EP This kind of game, en octobre 2016, animée d’une véritable passion, une raison de vivre. La musique avant tout ! Et son pouvoir cathartique. Cela s’entend.

Valkø nourrit son inspiration grâce à ses proches, ses amours, ses blessures, ses voyages, un paysage, un rêve, une sensation, un livre, une phrase, un son…, ou juste une mélodie qui lui vient comme ça, et qui sera le noyau d’une nouvelle chanson.

Notre extraterrestre à la voix magique et au large éventail technique n’a pourtant pas suivi de cours de chant. C’est un talent brut, instinctif et autodidacte, résolu à tout faire pour que ses rêves se réalisent. C’est chose faite.

Quant à l’avenir, le meilleur moyen de le trouver, est de ne cesser de l’imaginer, et de le forcer ainsi à se concrétiser. Valkø est bien décidée à ne pas s’arrêter en si bon chemin. Elle retournera en studio en 2018 pour la création d’un album complet.

L’on gage donc que ces moments de grâce n’ont pas fini de nous émouvoir.

Rencontre avec l’artiste.

Valkø – Vidéo : This Kind of Game

SD – Quand et comment as-tu pris conscience du pouvoir fascinant de la musique et de mots ? Cet engouement a-t-il été nourri par un événement particulier ?

Mon premier souvenir marquant où j’ai ressenti mon cœur battre pour la musique remonte à mes 7 ans. J’ai entendu à la radio Le Cygne de Camille Saint-Saëns interprété par le grand violoncelliste Mischa Maisky, j’ai entendu ces vibrations, cette mélodie, j’en ai eu des frissons. J’ai demandé à ma maman de quel instrument il s’agissait. C’était du violoncelle. Et j’ai tout simplement répondu “ je veux jouer ça!”. A huit ans, j’ai donc commencé à jouer de cet instrument qui ne m’aura plus jamais quittée ! A douze ans, je jouais Le Cygne en concert. C’était le début de mon rêve. Un autre moment marquant, ce fut vers mes 10 ans quand j’ai découvert les Stones en concert lors d’une séance de cinéma sur écran géant ( IMax ). C’était puissant, étourdissant, sauvage, j’ai été fascinée par Mick Jagger et l’énergie rock. Très tôt, en moi les différentes influences musicales se sont mises à cohabiter très agréablement. L’amour du lyrique romantique et du rock and roll ont fait bon ménage. Ensuite l’anthologie des Beatles en VHS que j’ai regardé avec fascination… C’est avec les Beatles que mon amour pour l’anglais est né…

SD – La maison familiale retentissait-elle de musique ?

Oui ! Mais de différentes manières. Mon père est un compositeur contemporain aux goûts musicaux plutôt pointus et “intellectuels”, ses œuvres favorites sont entre autres La 14ème symphonie de Chostakovitch, Pli selon Pli de Boulez, Gurre-Lieder de Schönberg, Le Grand Macabre de Ligeti, La 1ère symphonie d’Arvo Pärt, Sérénade de Britten,… De quoi affiner l’oreille d’une toute jeune fille. 🙂 Ma mère est aussi une grande mélomane et musicienne dans ses moments libres, mais étant professeur de français, elle a un goût prononcé pour la grande chanson française, et Brel reste un souvenir marquant de mon enfance. J’ai aussi la chance d’avoir une sœur aînée beaucoup plus rock, aux goûts musicaux vraiment pointus ! Grâce à elle, j’ai découvert Beck , Radiohead, Björk, PJ Harvey, Portishead, Pixies, Sigur Rós, Goldfrapp, Mum, ainsi que la scène flamande dEUS, Zita Swoon, Daau, et bien d’autres. Même si nos univers ont pris des chemins différents, je peux dire qu’elle a été un baromètre au niveau de mes goût musicaux. 🙂

SD – Dans le chant, tu oscilles entre voix de tête et voix pleine, à la manière de Tori Amos, avec une facilité déconcertante, sans forcer sur les cordes. Tu as suivi des cours de chant étant petite ?

Non je n’ai jamais suivi de cours de chant en tant que tel, j’ai chanté au sein d’une chorale pendant quatre ans (dans la même chorale que Fanny des Faon Faon 🙂 ), mais je chantais tout le temps, selon les dires de mes parents ! J’ai été passionnée par la musique baroque très jeune et je chantais la b.o. de Farinelli pour m’amuser, sans me rendre compte que c’était très difficile techniquement ! Pour moi, c’était un exutoire, une musique très énergisante, et j’ai toujours dit que le rock avait été inventé par Vivaldi. 🙂 Je chantais donc à tue-tête des morceaux très techniques et ai tout simplement appris à chanter et à découvrir ma voix comme ça, juste pour le plaisir de chanter.

SD – Tu nous livres des textes introspectifs, intimistes. Loin de couper le souffle à nos pensées, ils les avivent, les convoitent… Les mots sont-ils essentiels pour toi ? Et quels sont les messages que tu aimerais faire passer à travers ta musique ?

Les mots sont importants pour moi mais d’une manière un peu spéciale, ils sont le médium par lequel ma voix va se poser et exprimer les émotions que je veux transmettre. Ils sont importants pour leur sens mais également pour les vibrations émotionnelles de leur sonorité. C’est en grande partie pour ça que je chante en anglais : cette langue vibre à d’autres fréquences que le français au niveau sensoriel. Mes chansons sont des bouts d’histoires humaines la plupart du temps, de la mienne ou de proches, ou parfois même d’inconnus. Quelquefois, je raconte une histoire qui se pourrait être universelle… Je suis justement en train de composer une nouvelle chanson en duo, qui parle d’un couple de réfugiés séparés par la guerre, qui ne savent pas s’ils vont se revoir un jour, l’attente dans l’inconnu, le fait de devenir quelqu’un qui n’est chez lui nulle part… J’ai le souhait de parler un langage universel, de cœur à cœur, de faire vibrer les tripes. Au départ, ma musique était quelque chose de très solitaire : moi seule dans le salon familial à apprendre le piano de façon autodidacte, puis à découvrir doucement comment une chanson se compose, se construit, et à poser doucement une voix timide et se rendre compte du bien que c’était de chanter ! C’était tout simplement quelque chose de thérapeutique pour mon petit moi, de faire entrer en vibration ma voix et mon corps. Progressivement, la forme et le fond se sont unis et ma plume s’est affinée…

SD – Est-ce le rôle d’un artiste d’aller chercher ce qui est caché derrière les choses ?

Je ne sais pas très bien si c’est un rôle ou une seconde nature. J’ai l’impression d’avoir toujours eu cette manière de voir le monde un peu différemment que les personnes qui m’entouraient, de me sentir d’abord mal à l’aise et assez seule face à cette différence. A mon adolescence, je me suis d’ailleurs séparée des gens de mon âge, je n’arrivais pas entrer en contact avec eux tellement je me sentais loin et différente. J’ai été en couple de mes 14 à 20 ans avec un extraordinaire musicien, Karim Baggili, et mon monde n’est devenu alors plus que musique. En grandissant, cette façon de voir le monde, de sentir et d’envisager les choses est tout simplement devenue mon langage. Ensuite c’est peut-être la mission que l’on se donne, de transmettre ce que l’on ressent aux autres.

Between You and Me – Vidéo : Valkø Live @ Botanique 30/10/2016

SD – Tes maîtres à penser ?

J’en ai tellement… Je n’arrive pas à répondre à cette question… En fait, la vie est en elle-même mon maître à penser… Par contre, je peux dire que toute personne dont j’ai lu des mots marquants, entendu des mélodies transperçantes ou vu des films bouleversants vivent un peu en moi. ( Eckhart Tolle, Krishnamurti, Nick Cave, David Lynch, Johann Heldenbergh, Shakespeare, Oscar Wilde, Anna Calvi, Jim Morrison, Sofia Coppola, tellement, et tellement d’autres… Entre poésie et développement personnel).

SD – Un monde fait de coton, un nouveau terrain de réflexion profonde dans des plaines infinies, où tu embarques tes musiciens qui s’y lovent le plus naturellement du monde. Est-ce ainsi que tu définirais ta musique ?

C’est très joliment dit ! Et c’est une belle image de ce que peut être ma musique… Je trouve néanmoins que c’est un exercice très compliqué de définir son art, sa musique. J’ai appris à mettre des mots, un peu génériques, parlant de tel artiste, de tel film, expliquant mes influences principales mais j’ai toujours envie de dire « allez écouter et vous me direz ce que cela vous inspire ». La musique est un langage très subtil, complexe, universel et organique. La musique que je crée ne m’appartient pas vraiment ; elle naît d’un mélange d’émotions, d’influence, de ma tessiture, mon grain de voix, puis aussi de mes capacités techniques de musicienne, du fait que je joue du piano et du violoncelle. Si j’avais été guitariste et batteuse ma musique aurait pris une forme tout autre. J’ai toujours ce sentiment étrange après avoir composé une chanson que ce n’est pas moi qui ai accompli cette oeuvre, comme si je n’étais qu’un vecteur, un médium par lequel passe des émotions. J’ai donc des difficultés à parler du genre de musique que je fais… Je pense que les autres sont beaucoup plus à même de définir ce que je fais, par exemple dans la manière dont tu as posé cette question, je perçois ma musique avec des images inédites. 🙂

SD – This kind of game est un morceau phare à l’univers surréaliste, envoûtant, inattendu et énergique. De quelle sorte de jeu s’agit-il. Pourrais-tu nous en parler ?

Cette chanson traite de la violence conjugale… C’est un sujet qui me pose énormément question. Les jeux de pouvoirs, de manipulations, de dominance au sein des couples. Qu’est-ce qui fait qu’un être reste enfermé dans un jeu malsain et une relation toxique jusqu’à parfois risquer sa vie alors que le couple devrait être le lieu de douceur et le refuge délicieux de nos fins de journée, un moteur pour notre vie. Or, nous sommes très loin d’avoir autour de nous une majorité de couples “libres” dans le sens de s’aimer parce qu’on veut s’aimer et non par peur ou pour toute autre raison. Je ne dis pas que c’est la faute du partenaire lorsqu’un des deux souffre, je pense au contraire que l’on est totalement libre de nos choix mais encore faut-il être conscient des mécanismes et conscient que l’on décide de notre vie et de la manière dont on nous traite. Par cette chanson, je veux mettre la lumière sur ce sujet, je sais ce que c’est que d’être dans une relation toxique et l’énergie qu’il faut pour s’en sortir et pour arrêter de s’auto détruire. C’est donc une chanson très énergique, un cri du coeur pour mettre fin au cercle vicieux. La musique a toujours eu ce rôle cathartique pour moi.

SDLetters for a rainy day respire l’odeur du temps nostalgique… Il y a une religiosité dans In the silt, des moments empreints de calme et de volupté dans The Grace of Peace, et des rayons de lumière s’évaporent de Back through the maze aussi méandreux soit-il… Mais où vas-tu chercher toute cette inspiration ?

C’est très drôle car à chaque fois que je termine de composer une chanson. j’ai la crainte de ne plus jamais avoir d’inspiration ! Souvent quand je programme des moments de travail pour composer, rien ne sort ! Ensuite je suis au volant ou dans la rue et paf, la chanson arrive, sans crier gare ! Et là c’est la course pour l’apprivoiser, pour la capturer et la sculpter, je m’acharne jusqu’à ce qu’une version de structure complète me plaise. Mais ce qui m’inspire je ne peux pas le définir… Tout peut m’inspirer ! Mes proches, mes amours, mes blessures, un paysage, un rêve, une sensation, un thème général, un livre, une phrase, un son, ou juste une mélodie qui me vient comme ça et qui sera le noyau de toute la nouvelle chanson. Ensuite ce que j’aime c’est travailler sur les arrangements, un morceau peut prendre des dizaines de chemins différents selon le tempo, les instruments utilisés, les effets… C’est un terrain de jeu très vaste, mais pour m’y amuser et être inspirée, j’ai besoin de prendre de la distance avec mes morceaux et d’y revenir régulièrement. J’ai besoin d’air, de vivre, de voyager, de rencontrer de nouvelles personnes et de rester curieuse du monde extérieur pour nourrir l’inspiration.

Valkø – Vidéo :  The Grace of Peace

SD – La finesse des arrangements, tapisseries de violons et envolées pianistiques, drapent un voyage au long cours sur une mer d’huile. Pourrais-tu nous parler de ton EP This kind of game, à l’esthétique forte ?

A la base, cela devait être un album complet, mais en cours de route mon chemin s’est séparé de celui de mon label de l’époque. Je me suis retrouvée donc avec 11 morceaux en chantier et seule à devoir finaliser l’objet. Je n’avais pas les moyens financiers de terminer tout un album… Pour la première fois, j’ai travaillé avec mon père sur les arrangements de quatre morceaux avec quatuor à cordes, et ai donc décidé de garder ces morceaux-là. C’était une manière de créer une cohérence et de finaliser un EP élégant et d’honorer ainsi notre première collaboration père/fille.

SD – Quelles ont été tes influences pour l’élaborer ?

Cet EP a été un travail de longue haleine et les influences sont apparues au fur et à mesure. Dans The Grace of Peace, on retrouve un peu de Portishead, dans Back Through the Maze, un mélange entre Radiohead et Danny Elfman, Letters for a Rainy Day est empreint de mon amour pour les sixties et le Velvet Underground, mélangé à une touche classique pouvant rappeler Wagner dans les arrangements de cordes. In the Silt est un morceau un peu particulier car quasi a capella par lequel je voulais emmener l’auditeur dans une ambiance un peu religieuse mais aussi, rappelant un morceau a capella d’un film de Pedro Almodovar ainqi qu’un morceau de Björk. Je voulais tenter l’exercice de la mise à nu sur un album. Enfin le titre phare This Kind of Game est un mélange assez jouissif pour moi de rock et de baroque. On m’a dit Muse, d’autres Ghinzu, mais pour sûr, il y a du Bach et du Vivaldi ! Mais tout ça n’est pas vraiment conscient à la base, c’est durant le travail de production que les choses s’éclaircissent.

SD – Tu parles à des gens qui ont déjà une culture musicale. Quel est ton public cible?

Je voudrais toucher tout le monde ! Ahhaha… Je fais une musique qui me parle et qui (j’en rêve) appartiendrait à la même famille que les albums qui tournent à la maison. Je pense toucher un public qui est sensible aux voix mélodieuses et aux musiques mélancoliques. Pourtant je rêve de faire danser les gens, mais n’y arrive pas pour le moment. 🙂 Mon public doit certainement être prêt à entrer dans un mode d’écoute introspectif et ne pas avoir peur de ressentir des émotions parfois dérangeantes de la mélancolie. Mais je pense rester dans un créneau tout de même assez pop…

SD – Sur scène, tu arbores un vrai sourire de béatitude. Ta prestation est jubilatoire et ton plaisir d’être sur scène est palpable. Tu aurais souhaité que ton concert au Cirque Royal ne s’arrête jamais. Cet échange avec le public et cette sensation live sont-ils essentiels pour toi ?

Oui !!! C’est primordial que ma musique vive sur scène : c’est là qu’elle se passe vraiment, c’est là que tout prend son sens. Non seulement il y a interaction avec le public et je peux transmettre ce que j’ai au fond de mes tripes, mais il y a aussi communion avec mes partenaires musiciens. L’énergie déployée pendant un concert est assez phénoménale pour moi, j’ai même réussi à guérir plusieurs fois de maux en montant sur scène et en chantant. Je suis loin du processus de départ où ma musique était un monde dans lequel je me promenais solitairement ; je veux partager, jouer avec et pour des gens !

SD – Un univers singulier, à la croisée des chemins entre Bjork, Hooverphonic, Danny Elfman, ou encore Beth Gibbons… Une voix envoûtante, des mélodies imparables, des musiciens de haute volée… Valkø nous enchante, Valkø nous transporte. Rassure-nous : tu ne comptes pas t’arrêter en si bon chemin ?

Je dirais même que ce n’est que le début ! J’ai la sensation d’avoir trouvé mon chemin, ma voi(x)e et qu’il n’y a plus qu’à continuer, pierre après pierre. J’ai plein de nouveaux morceaux en cours et je souhaite entrer en studio en 2018 pour réaliser un album entier cette fois ! C’est lent, le milieu de l’industrie musical n’est pas au top de sa forme, mais j’ai le temps ; je compte bien faire de la musique le plus longtemps possible !

SD – Ta profonde réflexion sur les quelques années à venir ?

J’essaye au maximum de me concentrer sur le moment présent, l’ambiance générale est morose, les nouvelles sont tous les jours un peu plus alarmantes, la peur divise… J’ai une petite fille de bientôt deux ans et en la regardant dans les yeux, j’y vois tout l’espoir du monde, tous les rêves possibles. L’actualité m’atteint terriblement et pour ne pas en souffrir ni alimenter la peur, je me recentre sur le bon, le beau du monde, je m’émerveille de cette terre qu’on a l’immense chance d’avoir comme habitat. Beaucoup de choses devraient changer dans les années à venir : protéger notre planète, protéger la nature, changer radicalement l’enseignement archaïque que l’on impose à nos enfants, changer les mentalités basées sur le profit, la séparation, l’intolérance, la peur, etc… J’ai un fond idéaliste. A tout cela, je ne peux qu’apporter ma goutte d’eau dans l’océan (à lire « La part du Colibri » de Pierre Rabbi). Donc je m’efforce de m’occuper de moi au jour le jour et des gens que j’aime qui m’entourent, puis de faire au mieux ce que je préfère faire, pour être heureuse au maximum et transmettre ce bonheur à ma petite échelle… Le futur n’est que la prolongation de ce que l’on construit tous les jours au moment présent. C’est évident qu’un changement global de mentalité au niveau mondial est urgent… Mais comme disait Jim Morrison: “There can’t be any large-scale revolution until there’s a personal revolution, on an individual level. It’s got to happen inside first”.

Valkø – Vidéo : « This Kind Of Game  » Live @ Botanique 30/10/16