Soldièse est l’aboutissement d’un travail en commun de deux musiciens marseillais. BALTIMORES (chant/guitare/Beatbox), et Dr Mik (Basse/sampling).

Tous deux composent et associent leurs efforts autour d’une écriture partagée entre reggae, pop, hip-hop, et funk rock épurés, hérités de maîtres en la matière, tels Alabama Shakes, Incubus, Guts, Bob Marley, Lenny Kravitz… Toujours avec le vœu d’une musique percutante, accessible et aux mélodies accrocheuses.

Si la musique funk de Keziah Jones affleure en filigrane, beau timbre vocal et phrasé rap du chanteur (qui ne sont pas sans rappeler ceux d’Anthony Kiedis), guitares écorchées, et basse solidement rythmée marcheraient plutôt dans les sillages des Red Hot Chili Peppers…

Voilà un duo qui existe au même titre que le feu, l’eau, ou les rêves. Il a une existence déterminée, garantie par quelques qualités éminentes qui lui donnent un sens : le son, le groove et la passion !

Soldièse est certes sensible aux sons (les ouvre, les bidouille et les triture pour en tirer un maximum de textures), et de toutes les nuances intermédiaires que l’on pourrait recenser, mais jamais indépendamment du message et de l’émotion qu’ils véhiculent.

Leur mission : véhiculer leur passion auprès d’un public le plus large possible, et comme Herder, qui écrivait en 1769, que « La musique est le langage magique de l’émotion », exprimer l’affect pur, et faire de sorte que ces sons touchent les êtres humains plus profondément que la lumière, comme s’ils atteignaient immédiatement et directement leur subconscient.

Pour y arriver, le groupe a décidé de publier chaque mois un nouveau single et un clip sur Youtube aux fins de le diffuser directement dans les oreilles du monde. Youtube c’est pour eux une évidence : mettre en ligne leurs créations, et faire corps avec leurs fans par ce lien direct ! Plus encore, la plateforme de financement participatif nommée Tipeee leur permet le deal suivant : à chaque publication d’un nouveau single avec son clip, le « tipeur » s’engage à donner un somme d’argent fixée par lui. Au-delà de l’aspect évidemment économique, c’est une manière sûre de faire mûrir leurs bons fruits en emmenant leurs ambitions plus loin encore.

Outre leur passion pour la musique et les arrangements,…, Soldièse met en avant des textes qui ne sont pas moins structurés et signifiants.

Leurs chansons, en anglais comme en français, avivent et convoitent nos pensées, parlent de la vie et de notre société comme d’une prière faite d’amour et d’espoir pour enfin ouvrir la porte du cœur…

Ils en disent long sur leur parcours de vie, la société qui les entoure et les impacte. De la profondeur mais aussi des choses plus légères qui permettent de lâcher prise, sans se retourner le ciboulot, et ainsi y trouver un petit coin de ciel bleu.

Quel panache ! Comme l’ont prouvé leurs très incisifs album Overcome et EP Born ever free.

Sur les planches, Dr Mik assure souvent l’essentiel du dialogue avec le public. Groove délirant, et son rond et chaud de sa basse font de lui un musicien reconnaissable entre tous, sautillant et pliant son corps élastique au rythme de son instrument.

Ce percutant duo a répondu aux questions de Sounding Magazine. Enjoy !

Soldièse – vidéo : Infected With Love 

SD – Bonjour à vous deux, Dr.Mik et BALTIMORES !

Soldièse, ça sent le perfectionnisme, que jamais vous ne mettez en sourdine, comme votre obsession de la finition dans votre travail qui ne connaît pas de rémission… Est-ce exact ?

Dr.Mik : on a en effet une espèce de maladie qui nous oblige à aller au bout des choses. Dès qu’on se lance dans un projet, on cherche à lécher chaque détail. C’est d’ailleurs souvent une source de frustration puisque on n’a pas toujours le temps ou les moyens matériels d’atteindre les exigences que l’on se fixe. Mais le bénéfice est qu’on se dépasse perpétuellement, on est en évolution constante.

SD – On y sent également le langage du cœur, à l’instar de votre chanson The language of the heart. L’amour de la musique est-il le stimulus absolu qui motive votre projet artistique ? 

Dr.Mik : absolument. Au départ on avait chacun fait le choix de ne surtout pas devenir musiciens « professionnels » par crainte de banaliser notre rapport à la musique ou bien de faire des choses qui ne nous plaisent pas. L’un de nous est ainsi devenu commercial dans une boite de logiciels et l’autre ingénieur dans la construction. Sauf qu’en fait la musique nous a rattrapés comme une passion dévorante. On est incapables de faire les choses à moitié. Du coup, oui, l’amour de la musique c’est qui nous fait nous lever le matin !!

SD  Vos influences nous sautent à l’esprit et à l’oreille, comme un coup porté à nos mémoires : Keziah Jones, Alabama Shakes, Red Hot Chili Peppers, Incubus, Bob Marley, Lenny Kravitz…. Il est rare d’écouter des groupes comme vous, en nos contrées, qui font revivre de tels maîtres du groove… En même temps, l’on vous sent unis par la volonté de faire émerger une entité sonore forte et singulière… Pourriez-vous nous en parler ?

Dr.Mik : comme tu le soulignais avant, nous avons l’amour de la musique au sens large. On est tout autant passionné par le rap, le rock, l’électro, la musique classique, le blues, le flamenco, le jazz, le reggae, etc. Même si on a nos préférences.

Notre musique se nourrit de ça et peut être très éclectique. On ne cherche d’ailleurs pas à créer une identité sonore précise. On cherche par contre à ce qu’on puisse reconnaitre une marque de fabrique. Quand on compose un titre, on cherche l’émotion et rien d’autre.

SD – Cette basse de Dr Mik, très en avant, qui n’est pas sans rappeler celle de Flea, des Red Hot, c’est votre marque de fabrique ?

Baltimores : Dr.Mik est un bassiste comme il en existe peu et son empreinte sur le son global du groupe est immense. Au-delà de la basse il a longtemps été le beat maker du duo et c’est lui qui compose la plupart des arrangements clavier. Après, le son Red Hot des années 90 a eu une grande influence dans notre éveil musical et a bercé notre génération. Dans les Red Hot, Flea utilise la basse comme instrument rythmique et aussi comme instrument mélodique. Il porte aussi souvent le thème mélodique principal de la chanson. C’est ce qui rapproche Dr.Mik de Flea, je crois.

Red Hot Chili Peppers – Vidéo : By The Way 

SD – A mi-chemin entre reggae, hip-hop et funk. Vous vous situez bien là… Votre engouement pour ce style de musique a-t-il été nourri par un événement particulier dans votre enfance ?

Baltimores : lorsque j’ai une idée à explorer, je m’y engouffre sans réfléchir, j’y mets toute ma passion et mon plaisir. Et lorsque je crois l’avoir atteinte, je me demande dans quel style musical on pourrait classer le morceau et je n’y trouve jamais réponse. C’est un grand problème [blague].

SD – Vos chansons, en anglais comme en français, avivent et convoitent nos pensées, parlent de la vie et de notre société comme d’une prière faite d’amour et d’espoir pour enfin ouvrir la porte du cœur… Les mots sont-ils aussi essentiels que la musique pour vous ? 

Baltimores : oui, les textes en disent beaucoup sur mes parcours de vie et mentalités passées et présentes. Ils parlent aussi de ce qui nous entoure et nous impacte. De nos difficultés intérieures mais aussi de choses plus légères qui permettent de décompresser et de trouver un petit coin de ciel bleu dans la tête.

SD – Et s’il n’y avait qu’un message à nous faire passer, quel serait-il ?

Dr.Mik : Deviens toi-même !

Baltimores : Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde ! 😉

Soldièse – vidéo : KUA – Keep Us Alive

SD – De votre premier album Overcome à votre EP Born ever free, on sent une évolution considérable. Quel a été le chemin ?

Dr.Mik : Overcome est lié au décès du frère de Baltimores qui était aussi mon meilleur ami. A l’époque, Baltimores et moi étions éloignés de plusieurs centaines de kilomètres. Le désir de faire de la musique ensemble existait bien sûr. Et face à cette événement tragique, il a fallu qu’on fasse rapidement quelque chose ensemble. Histoire de se dire mutuellement « Mon gars, je suis là. T’inquiète ». L’opportunité d’enregistrer un album s’est présentée et on l’a saisie. Overcome a ainsi  été un enregistrement sans réelle préparation, avec beaucoup d’intuition et de spontanéité.

Born Free Ever Free, c’est une autre histoire. C’est une complicité qui a grandi entre nous et un peu plus de Dr.Mik dans la recette. On a voulu aller à l’inverse d’Overcome en calculant à l’avance tous les détails.

SD – Vous êtes, pour le moins, très actifs sur les réseaux sociaux, YouTube notamment. Est-ce selon vous la clé de la réussite dans l’industrie musicale ? Quels sont vos ambitions en la matière, et à quoi se résume la réussite d’un projet musical pour vous ?

Dr.Mik : en ce qui me concerne, la réussite d’un projet musical revient à l’essence même de la musique : transmettre une émotion le plus intensément et le plus sincèrement que possible. Si ça ne touche ne serait-ce qu’une personne, c’est déjà gagné. Et c’est de là que vient ensuite l’envie de continuer le plus loin et le plus longtemps possible.

Dans ta question tu as cité Youtube comme un réseau social alors que c’est au départ un média pour diffuser du contenu audiovisuel. Mais tu as raison, Youtube est devenu un vrai réseau social qui nous permet de connecter nos créations, nos fans et nous-mêmes par un lien direct. Je ne sais pas si Youtube est une clé de réussite, mais en tous cas, on veut enregistrer chaque mois nos meilleurs singles, faire un clip et le diffuser directement dans les oreilles du monde. Youtube c’est une évidence !

En plus maintenant on s’investit dans une plateforme de financement participatif nommée « Tipeee ». Le deal est le suivant : à chaque publication d’un nouveau single avec son clip, le « tipeur » s’engage à donner un somme d’argent fixée par lui. Au-delà de l’aspect évidemment économique qui nous permet d’emmener nos ambitions plus loin encore, cela nous permet de développer une relation plus directe et plus profonde encore avec certains de nos auditeurs.

Soldièse – Vidéo : TIGO [Today’s Goin’ On]

SD – Pour des passionnés tels que vous, la motivation ne se résumerait-elle pas davantage au fait de pouvoir se lever chaque matin et faire quelque chose qu’on aime, sans contrainte et sans peur du lendemain ?

Baltimores : nous ne nous lèverons malheureusement ou heureusement jamais sans contrainte ni peur comme chaque humain. Mais se lever pour faire ce qui nous passionne donne du sens à notre existence et c’est ce qui résonne chez notre public, c’est exactement notre moteur et mission.

SD – Le son fait appel aux sens, aux vibrations ressenties, aux motions sensibles… En la matière, vous êtes plutôt branchés live ou studio ? Qu’est-ce qui vous anime le plus ?  

Baltimores : les deux sont des expériences extraordinaires à vivre mais très différentes. L’une est plus dans l’intimité, l’introspection ou la dynamique d’une équipe restreinte. L’autre est à la fois une mise à nu publique et une communion avec une foule. Les deux sont autant magnifiques et nourrissants.

SD – A quelle forme de public, pensez-vous vous adresser ? 

Baltimores : très modestement à tous ceux qui ont des oreilles et des connexions synaptiques 😉

SD – Des concerts, des concours… Est-ce ainsi que vous envisagez l’avenir ? Y aurait-il aussi un autre EP/album sur le feu ?

Dr.Mik : l’avenir c’est de publier chaque mois un nouveau single et un clip sur Youtube. On ne prépare pas de nouvel EP ou album, mais on produit plutôt nos chansons en continu.

L’avenir c’est aussi étoffer la formation live. On a déjà recruté Monsieur Sébastien ALIVON à la batterie (qui est un musicien incroyable et une belle rencontre humaine au passage). On est en train également de recruter choriste, clavier, ingé son et lumière. Notre objectif est simple : on ne va pas faire beaucoup de concerts, mais à chaque fois qu’on sera sur scène, ce sera pour un concert mémorable.

Soldièse – vidéo : Same Old Story – [Stop FN]