Photo © Lara Herbinia

Son public valse des hanches en chantant sur ses mélodies accrocheuses, tape des mains aussi parfois, imprégné de son univers, et, face à la beauté des textes, comme des intonations fiévreuses et passionnées, il rit, il pleure, il s’émeut ! Jusqu’à s’évader avec plaisir, pour un agréable voyage dont la destination finale est forcément romantique et rêveuse…

Tout commence par quelques accords de piano…
Et voici que s’y mêlent la voix d’un homme et son frisson, d’un poète qui aspire les voyelles, attrapant au vol le moindre frémissement sonore, et donnant à saisir une assertion : l’amour et son désir de fusion, hérités du romantisme baudelairien, où au milieu du flux d’info d’un monde chaotique, qui se déchaîne, à point nommé, sa musique en continu passe des messages, qui repris ici, en préambule, nous font l’effet d’une marée d’émotions qui nous submerge.
« Je poserai ma vie contre ton cœur, petite fleur ». « Je te dirai les mots secrets, qu’on laisse voler quand on se tait, rien ne vaut le silence quand les âmes ont touché leurs sens. Tu es ma peau. On se fondra en ce moule qui saura être toi et moi. Toi et moi. Je poserai ma bouche sur tes bras, et le monde sera toi et moi ». Extrait de son EP, sorti en 2013.

Denis K, ce sont de magnifiques textes jouant avec la langue française. Avec nos sens aussi.
L’auteur fonctionne au feeling, à l’inspiration et passe beaucoup de temps à fignoler ses compositions (des arrangements guitaristiques qui ne dénaturent aucunement le propos originel). Du genre à aller au bout de ce que lui offrent ses capacités à faire des choses qui ne se ressemblent jamais tout à fait, sinon dans leur expression, dans leur quintessence. Avec, comme leitmotiv, des mélodies envoûtantes et des mots inspirés qu’on implore à fleur de peau, donnant à émouvoir le cœur et l’esprit.

De son trait de plume enflammé, Denis nous raconte des histoires empreintes de sentiments vifs et écorchés, des scènes tendues sur le fil souple de la vie, de confidences murmurées au mal qui fouisse, qui taraude, mais aussi de bonheurs enfouis comme d’une passion pour l’existence…

Denis K fut finaliste et lauréat de nombreux concours (Carrefour de talents, les Franc’Off, Du F. dans le texte…). Depuis 2011, il n’a eu de cesse d’enchaîner les concerts et les scènes de festivals : FrancoFaune à Bruxelles, Festival Off d’Avignon, Aralunaires à Arlon, Casino 2000 à Luxembourg, les Francofolies de Spa, le Festival de la chanson de Granby (Québec), Propulse 2016 au Bota (Bruxelles), le Festival Alors Chante ! à Castelsarrasin, il a fait dernièrement la première partie d’ARMAN MELIES à Senas, ainsi que celle de LA GRANDE SOPHIE, à Bastogne…

Son deuxième EP, arrangé par Frédéric LO (Daniel Darc, Stephan Eicher, Alain Chamfort, Cali), est vivement attendu en ce début d’année prochaine. Des concerts sont également prévus à partir d’avril. « De l’amour et de la folie aussi. » Mots de l’artiste. 🙂

DENIS K en écoute sur Deezer

Rencontre avec un poète, et rockeur de surcroit, qui, dans le rude paysage de la chanson actuel, grandit, doucement mais sûrement.

SD – Il est une phrase de Madame Necker qui dit que « Quand on aime, les mots sont trop petits pour contenir notre âme trop grande »…  Pourtant, certains artistes, comme toi, semblent nous démontrer le contraire. Qu’en penses-tu ?

Je ne sais pas si j’y arrive vraiment… c’est vrai que les sentiments intenses semblent parfois impossibles à mettre en mots. Je suis quelqu’un qui ne se livre pas facilement, je crois que l’écriture me sert à ce moment-là, je l’utilise pour faire passer ce que j’ai au fond de moi.

SD – Des mots comme de la poésie échappée d’un livre, rattrapée par le comédien interprète que tu es, dite et chantée avec une justesse troublante. N’as-tu jamais songé à faire du théâtre ?

Oh non, le théâtre c’est pas vraiment mon truc, ce serait à mon avis un exercice plus compliqué pour moi.

On est dans un autre registre, même si c’est vrai que la scène est présente dans les deux cas, que ça reste un moyen de faire passer un message et d’être au plus proche de son public.

SD – Tes mots balisent un chemin qui mène à l’exaltation de vivre. « Une partition portant les vibrations de nos pouls ».  Est-ce que tu pourrais imaginer ne pas avoir le recours aux mots pour l’exprimer ?        

Exprimer ça sans mots… En mime peut-être ? Non je préfère les mots 😉

SD – A quel type de public penses-tu t’adresser ? Que voudrais-tu qu’il accorde à celui qui allume des feux de parole, tel que toi ?

Je m’adresse à tous, je n’ai pas de critères ni de public précis. La chanson se donne et la prend qui veut.

La musique est universelle, pas de clé particulière pour la ressentir.

Qu’il m’accorde une oreille c’est déjà pas mal !

Denis K – vidéo : L’Horizon Des Fous (live session)

SD – Des mots peut-être mais jamais au détriment de la mélodie. C’est un tout cohérent… Je songe à des titres comme « Nos vis nos bordels », et « Flingué », très pop rock, dont la musique nous transporte littéralement…. Composes-tu la musique avant d’écrire les textes, ou l’inverse ?

J’ai testé les 2. Comme j’écris constamment, au début j’essayais de mettre en musique mes textes. Mais j’ai remarqué que j’avais plus de facilité maintenant à faire l’inverse, à faire glisser les mots sur la musique…

SD – A t’écouter, il ne fait pas l’ombre d’un doute que ta vie intérieure résonne de passions interminables… Pourrais-tu nous en parler un chouïa, sans vouloir être inquisiteur ? 🙂

La passion pour la vie tout d’abord, les gens qui m’entourent et ceux qu’on rencontre sur la route, la musique évidemment. J’ai beaucoup de mal à dire les choses dans la vraie vie alors je les chante !

SD« Je poserai ma bouche » est une chanson belle à pleurer, quoique trop brève. Tu nous en parles ?

C’est une musique que j’aimais beaucoup, qui m’a inspiré ce texte que je voulais un peu sensuel, chuchoté. Elle était au départ plus longue et je l’ai réduite pour aller à l’essentiel, une sorte d’introduction…

SD – Tu sembles projeter ta propre réalité dans un ailleurs totalement différent de celle dans laquelle tu vis. Est-ce ta façon à toi d’être romantique ? 

Je pense que l’on essaye toujours de sublimer un sujet de chanson, en exagérant peut-être un peu, pour parfois tomber juste au final. Les sentiments ne trichent pas, ils cognent ou subliment, alors je les laisse sortir pour qu’ils soient au plus vrai possible, jeter les mots sur la feuille sans trop réfléchir, garder ce truc un peu brut.

DENIS K – Vidéo : Nos vies nos bordels

SD – Tu poses tes mots comme des gemmes, des pétales ou des feuilles, avec la délicatesse d’un thésauriseur, chaque mot tendant vers l’essentiel, vers sa nécessité absolue… Comment l’inspiration s’empare-t-elle de tes chansons ?

C’est la musique qui m’inspire en premier, après je rentre dans l’ambiance de cette musique, avec les mots, j’imagine une histoire et je plonge dedans avec le cœur.

SD – Les réminiscences bashungiennes ne sont pas rares dans ton univers musical, le côté abstrait en moins. De Daran aussi… Sans la révolte… Et puis Biolay, en plus enjoué, peut-être…

Soit, quelles sont réellement tes influences ?

Très larges et très variées. J’ai beaucoup écouté Dylan et Neil Young mais aussi Léo Ferré, Daho,

Thiéfaine ou encore les Pixies et les Beatles… il y a le choix !

SD La pole position du top albums, est-ce une idée qui te séduit ? A moins que ta quête des mots ne dépasse la volonté de conquérir les foules ?

Et pourquoi pas ! Ce doit être agréable de voir qu’un large public accueille ton univers au point de te retrouver tout en haut ! Mais après je prends ce qui vient, la vie nous surprend souvent !

SD – Quels sont tes projets à venir : concerts, albums ?

Là je viens de terminer mon nouvel EP (5titres) arrangé par Frédéric LO (Daniel Darc, Stephan Eicher, Alain Chamfort, Cali) qui sortira en 2017.

Des concerts de prévus à partir d’avril. De l’amour et de la folie aussi 🙂

Merci Valérie 🙂

DENIS K : vidéo live session 1234