A l'occasion de la sortie de son prochain EP "The Darkest Night", Mustii  nous rappelle son parcours en répondant aux questions de Sounding Magazine.

 

Cet artiste protéiforme (musicien, auteur-compositeur, chanteur et acteur) semble avoir la qualité qui lui soit commun dénominateur : la multiplicité se résolvant en unité, le talent !

Ce talent qui le mène à s’offrir la grande scène du Botanique, le 11 février prochain, à tout juste 25 ans...

Ce talent ? Cette voix mordante et chaude comme des cordes qui vibrent et agitent de frissons les foules enthousiastes, la prise d’espace sur scène, telle une vraie présence, une vraie musicalité d’un showman accompli, au-delà même de l’exploit vocal...

Photo : © Mustii - Credit Antoine Doestch

Laissez-nous vous le présenter.

SD - Hello Thomas Mustin, dit Mustii pour les initiés... ;-) 

Voilà une interview qui se distingue un peu des autres, de par vos pouvoirs de polymorphisme dont vous nous faites profiter. :) En effet, l’on vous connaissait comme acteur (et metteur en scène) au Théâtre, et dans la série télévisée d’Alain Brunard « A tort ou à raison », ainsi que dans « La trêve » de Matthieu Donck... Et l’on vous découvre ensuite comme chanteur, d’un groupe bruxellois, SeektheDuke, tel un préambule, et récemment, pour notre bonne surprise, vous venez de sortir, coup sur coup, deux titres en solo : The Golden Age, lequel a déjà occasionné les louanges les plus exaltées de la presse, et plus récemment Feed me, au refrain dansant, et comme toujours, teinté de votre magnifique voix soul-funk... Pourriez-vous nous parler de tout ce chemin parcouru ?

Mustii - C’est effectivement un chemin assez varié, fait d’alternances entre musique, théâtre et cinéma.  Croyez bien que ce n’est pas un « caprice » ou une volonté absolue d’être aussi touche-à-tout. Je crois vraiment qu’il y a un réel lien entre la musique (notamment le live)  et le jeu d’acteur. Originairement, être acteur était ma volonté première, puis au fil du temps passé à mes études en option théâtre à l’IAD (Louvain la neuve), la musique a pris toute sa place, s’imposant crescendo comme une évidence, jusqu’au besoin irrépressible de composer. Ce que j’ai fait durant la deuxième partie de mes études. Je me suis donc retrouvé avec un nombre important de démos, que j’avais envie de jouer, et de partager en live, ce qui m’a amené à former mon premier groupe « seektheduke ». En parallèle, à la sortie de l’école, j’ai eu la chance d’incarner un rôle au théâtre dans un « Roméo et Juliette » mis en scène par Yves Beaunesne, un très beau souvenir d’une tournée qui a duré plus d’un an et demi à travers la France et la Belgique. Depuis, le tempo est continûment effréné... Trois films déjà, l’année dernière, et une série prometteuse qui s’apprête à sortir début 2016 : La Trêve...  C’est un train de vie qui n’a de cesse de m’exalter. Vraiment, j’adore ça !

 

La nouvelle série de la RTBF, La Trêve

 

SD - Pourquoi avoir choisi la voie d’une carrière solo ? Pour un auteur-compositeur-interprète, est-il plus aisé de mener une carrière solo, en évitant ainsi les tensions avec d’autres membres du groupe qui pourraient ne pas se rallier à votre vision des choses ?

Mustii – Une carrière solo, c’est ce que je voulais dès le départ, non pas que je sois égoïste, voire égocentrique, mais parce que j’aime l’idée qu’on puisse s’identifier à une personne ; j’écoute énormément d’artistes « en solo », de Bryan Ferry à David Bowie, en passant par Madonna. Il y a certes une effervescence de groupes pop/rock en Belgique, mais je crois que les projets solo ont aussi leur place. Il en est de plus en plus qui émergent. C’est une vision assez « anglo-saxonne » de pouvoir vraiment miser sur l’identification à un individu. J’aime vraiment ça. Et, évidemment, même si c’est un projet solo, je ne suis pas foncièrement seul, puisque toujours entouré de musiciens. Ce serait absurde de vouloir tout faire tout seul. Il est d’ailleurs très important de savoir bien s’entourer. Je ne pense pas que cela soit plus simple de se lancer en solo : la pression est assez forte, vu que quelque part, tout repose sur une seule personne.

Clip de Mustii : The Golden Age

 

SD - De Seektheduke à Mustii, les inspirations semblent d’abord puiser dans les racines d’une électro pop imbibée de new wave sombre et mystérieuse, devenue semble-t-il plus encline à muter en une musique dite plus « commerciale ». Est-ce une volonté bien assumée de votre part ?

 

Mustii – Il est vrai que les singles de « Mustii », paraissent plus commerciaux ou un peu plus légers que ce que j’ai pu faire avec le groupe. Mais les influences restent les même, je suis un grand fan des années 80 ; influencé par la new wave, ou par des voix comme celle de Dave Gahan (Depeche Mode). C’est certes plus pop avec mon projet solo et tout à fait assumé. Encore que, si vous écoutiez mes démos, ainsi que mon futur EP, ou que vous veniez me voir en live, vous ne pourriez faire abstraction de cet aspect « dark » qui continue de hanter ma musique, comme mes textes, qui ne sont ni foncièrement  légers ni « gais ». L’on pourrait dire que ce qui m’anime, c’est de pouvoir confronter une musique pop à des textes plus obscurs.

 

SD - Est-ce le style musical qui vous correspond intrinsèquement ?

 

Mustii - C’est le style qui me correspond le plus en tout cas ; je trouve vraiment mon compte dans l’électro-pop, d’une part, parce que j’ai toujours composé avec des synthés, d’autre part, parce que ce style hybride ouvre des portes sur pas mal de choses. Marier ensemble des guitares électriques et des nappes plus synthétiques, placer la voix et les chœurs au centre du projet : c’est ce que j’ai tenté de faire dans la construction de mon EP « The Darkest Night ».

 

SD - Aux dernières nouvelles vous venez de signer avec le label Black Gizah Records... Etiez-vous le producteur de toutes vos chansons auparavant ? Qu’est-ce que cette nouvelle donne vous apporte-t-elle foncièrement dans le paysage de vos projets musicaux ?

 

Mustii - Je suis avant tout auteur-compositeur et interprète mais je ne suis pas producteur. Comme je l’indique préalablement, je fais de sorte de bien m’entourer. C’est notamment le cas pour la production, même si, dans le futur, j’aimerais également produire, en restant vigilant car tout faire tout seul est à mon sens une utopie. Cela ne serait finalement pas intéressant ; il faut confronter les visions et collaborer. J’ai effectivement signé chez Black Gizah Records, le label de Kid Noize, qui m’aide vraiment beaucoup, en étant très à l’écoute et en cernant plutôt bien mon univers. On a un certain nombre de références communes, sur le plan de l’image autant que musicalement : David Lynch, Bowie, Depeche Mode, les 80’s…

 

Depeche Mode : Strange Love

 

SD - Un EP est annoncé... Pourriez-vous nous parler de ce premier opus en devenir, de la couleur que vous avez souhaité lui apporter ?

 

Mustii - L’EP « The Darkest Night » sortira le 11 février 2016. La voix est le centre du travail, car c’est l’instrument que je privilégie par excellence ; il est insaisissable et peut provoquer des émotions vraiment uniques. Autour de l’axe vocal, je souhaitais vraiment construire une pop électro à base de synthés puissants, de piano et de guitares électriques.

C’était mon désir de pouvoir marier des nuances, en confrontant des instruments qui ne sont pas d’ordinaire les meilleurs amis. Dans les textes, c’est une sorte de voyage intérieur jusqu’à nos pulsions les plus sombres, une plongée dans la nuit noire jusqu’à l’aube ou l’espoir peut renaître... 

 

Mustii - Le live est effectivement une des choses les plus importantes pour moi. J’adore le studio mais je ne pourrais vraiment pas considérer l’un sans l’autre car le live est une expérience unique ; c’est le seul moment où l’on peut arriver à un tel état de conscience ; être attentif à tout ce qui se passe autour de vous, vivre pleinement le moment.  La première date importante sera le 11 février au Botanique pour la sortie de l’EP. C’est pratiquement sold out, il ne faut donc pas traîner pour les places. D’autres dates vont suivre, les festivals printemps/été sont en train de se booker pour le moment, il y aura de belles dates ; toutes les infos seront sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/mustiimusic

Printemps / été 2016 risquent d’être bien chauds ! Des impatiences, comme celle d’aller à la rencontre des gens, fourmillent partout en moi, tel un vrai bonheur à venir. :-)

 

Le dernier clip de Mustii : Feed me